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Le projet

La « certification par unités » veut répondre à un constat de difficultés vécues dans le qualifiant, et réconcilier les structures de l’enseignement avec le travail des équipes éducatives au quotidien. La CPU veut considérer le troisième degré de l’enseignement qualifiant comme un tout, une formation complète menant à un métier bien défini, que l’élève parcourt en validant progressivement ses acquis et en étant certifié sur le résultat final.
Cette formation complète est réalisée par des cours généraux et par l’ensemble de la formation qualifiante. Et même si les référentiels expérimentaux revoient le découpage du profil de formation de l’option groupée, la CPU n’est pas l’abandon de l’aspect humaniste de la formation qualifiante. Au contraire, les référentiels expérimentaux incluent très largement des connaissances et des compétences générales indispensables à l’exercice des tâches professionnelles. Et, en parallèle, la Ministre a demandé à la commission de pilotage d’entamer une révision plus disciplinaire du référentiel des compétences et des savoirs communs, et de réfléchir aux grilles-horaires du 2e et du 3e degré.
Dans un premier temps, la CPU sera implantée dans tous les établissements qui organisent aujourd’hui une des options suivantes du 3ème degré technique de qualification ou professionnel :

  • MECANICIEN(NE) AUTOMOBILE (anciennement : MECANICIEN(NE) GARAGISTE)
  • TECHNICIEN(NE) DE L'AUTOMOBILE
  • ESTHETICIEN(NE).
  • COUVREUR(EUSE) - ETANCHEUR(EUSE) à partir de septembre 2015


L’élève sera invité à parcourir 5 ou 6 unités en deux ans. Chaque unité sera composée de pré-requis, d’acquis d’apprentissage qui correspondent aux savoirs, aptitudes et compétences à maîtriser, d’une indication de durée et de critères et indicateurs pour l’évaluation. Grosso modo, on retrouve dans ces unités les contenus auxquels les enseignants sont habitués, mais mis à jour par les contacts avec les milieux professionnels. Les unités sont appelées « Unités d’acquis d’apprentissage » (UAA). Chaque UAA est validée et la certification finale sera acquise lorsque l’ensemble des UAA auront été validées. Le redoublement est interdit (sauf très rares cas exceptionnels) et remplacé par une remédiation permanente qui sera financée par l’économie réalisée sur le redoublement. La remédiation est donc bien au cœur du dispositif. En fin de 6ème année, les élèves qui auront encore des lacunes pourront poursuivre dans une année complémentaire (C3D) au cours de laquelle ils suivront un programme individualisé de remédiation. Ce programme pourra être d’une durée également personnalisée et l’élève sera certifié dès qu’il aura récupéré les lacunes.
La volonté est que ces élèves bénéficient d’un suivi individualisé autant que possible. C’est pourquoi :

  • Ils se verront remettre un dossier individuel d’apprentissage, qui sera régulièrement complété. Dans ce dossier, l’élève trouvera une première partie « fixe » où seront détaillés les objectifs de formation, les UAA à valider, les modalités de validation. En quelque sorte, ces éléments font partie du contrat éducatif entre le jeune et l’école. La seconde partie du dossier est évolutive et rendra compte, au fil des mois, des acquis et de ce qui reste à acquérir ; elle indiquera les remédiations proposées : le pari est, en effet, d’inscrire, au cœur de l’apprentissage, des « boucles » de remédiation pour permettre au maximum d’élèves d’arriver en temps voulu à la maîtrise des acquis d’apprentissage visés par telle ou telle unité.
  • À certains moments-clés de la scolarité et dans certaines circonstances, le Conseil de Classe délivrera un « rapport de compétences » destiné à éclairer le jeune sur ce qu’il a acquis et n’a pas acquis à ce stade et faisant des suggestions utiles pour la poursuite de la scolarité. L’intention est de responsabiliser le jeune, d’améliorer la connaissance qu’il a de ses forces et de ses faiblesses pour qu’il puisse orienter ses efforts et ses études de la façon la plus efficace par rapport aux objectifs de formation et générale et qualifiante.
  • À la fin de sa scolarité dans l’établissement, l’élève emportera un « passeport  CPU», où seront consignés, comme dans un Europass, les validations d’UAA, les certifications, les stages qu’il a accomplis, les attestations de son niveau de connaissance d’une ou plusieurs langues autres que le français, ... bref tout ce qui peut éclairer un établissement de promotion sociale, un organisme de formation, un employeur, ... au moment où le jeune, devenu adulte, veut poursuivre sa formation dans l’esprit du life long learning, brigue un emploi ou veut exercer une mobilité dans l’Union européenne.
  • Enfin pour les élèves appelés à être pris en charge dans l’année complémentaire au 3e degré (C3D) sera établi un « programme d’apprentissages complémentaires CPU » individuel qui fixe à la fois les objectifs précis à atteindre par l’élève en fonction de ce qui lui reste à acquérir et les cours et activités qu’il aura à suivre.


Les UAA seront, dans un avenir plus ou moins proche, partagées avec l’enseignement de promotion sociale notamment. Cela veut dire qu’un jeune qui abandonnerait malgré tout l’enseignement secondaire avant le terme pourrait poursuivre ou reprendre son parcours dans l’enseignement de promotion sociale sans devoir tout reprendre à zéro. L’utilisation des mêmes unités dans les CEFA et dans la formation en alternance (IFAPME, SFPME) devra également permettre aux jeunes de combiner des parcours aujourd’hui trop souvent cloisonnés.
En même temps que le découpage des profils de formation en unités d’acquis d’apprentissage, les unités seront créditées de points ECVET (European credit system for vocational education and training – système de credit d’apprentissage européen pour l’enseignement et la formation professionnels) afin de favoriser la valorisation des acquis de nos jeunes en dehors de nos frontières.
L’enseignement qualifiant veut ainsi se moderniser et répondre aux défis nouveaux : mobilité, dynamisme, éducation et formation tout au long de la vie, exigence, émancipation.